Le Parti Socialiste s’émancipe du groupe de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale par un moratoire. Les restes du parti de François Mitterrand se dirigent vers une autre destination en prévision des élections européennes.
Avec ce récent moratoire du Parti Socialiste (PS) le mardi 17 Octobre, c’est peut être la fin de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES). Le PS ne participe plus aux intergroupes de l’alliance avec les partis de La France Insoumise (LFI), d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) et du Parti Communiste Français (PCF). Ces réunions représentaient les seules formes concrètes de la concertation entre les différents membres de l’union. Avec son départ, le parti emmené par Olivier Faure risque d’ouvrir la porte de sortie pour tout le reste du groupe. « La Nupes, c’est quatre groupes » expliquait Cyrielle Châtelain la présidente des députés Verts à l’Assemblée Nationale, induisant ainsi que le groupe de pouvait plus exister sans le PS et entraînerait donc le départ d’EELV.
Cette décision du PS arrive peu avant les élections européennes du 8 et 9 Juin 2024. Le parti avait déjà en Septembre décidé de présenter une liste autonome aux européennes emboîtant le pas aux écologistes. Pour le PS le groupe NUPES représente plus un obstacle qu’un avantage lorsqu’il s’agit des suffrages pour les places au Parlement européen. Selon un sondage Cluster 17 réalisé en août, l’union avec les autres partis de gauche pourrait obtenir entre 23 et 25 % des voix. Mais avec son nouvel allié, Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann, le PS à lui seul pourrait atteindre 9 % des voix. Si le parti était phagocyté par les autres membres du groupe NUPES les eurodéputés issus du PS se retrouveraient en moins grand nombre. Les écologistes avaient par exemple obtenu 13,5 % des suffrages en 2019 ce qui n’aurait pas été possible dans une liste commune.
Les eurodéputés, des ressources économiques
Cet intérêt au-delà d’être politique est aussi économique, pour un parti fragile comme le PS les élections européennes sont un moyen de faire rentrer des fonds. Lorsqu’un parti réussit à obtenir au moins 3 % des suffrages, ses frais de campagnes sont remboursés, plafonnés à près de 5 millions d’euros. Le salaire d’un eurodéputé est de 9 975,42 euros brut en 2023, il dispose aussi d’une enveloppe de 28 412 euros par mois pour ses assistants, avec le remboursement de ses frais de déplacements. Même si les élus disposent de cet argent comme ils le souhaitent, chaque parti exige qu’une part plus ou moins importante de ce salaire soit versée dans les caisses. Pour le PS il s’agit de 650€ chaque mois par eurodéputé,avec près de 9 % d’élus au parlement l’opération s’avère rentable.
L’alliance avec Raphaël Glucksmann, co-président de Place Publique, semble très intéressante pour le PS, l’eurodéputé étant en vogue dans les sondages, il semblerait naturel que le PS continue de s’appuyer sur lui pour siéger au Parlement Européen. Selon le fondateur de Place Publique « Ca me semblerait naturel de repartir ensemble et je pense que cela correspond aussi au désir des militants socialistes » s’exprime-t-il dans l’Obs. En tête de liste avec le PS en 2019, il avait recueilli 6,19 % des voix. L’alliance qui devrait ainsi perdurer aujourd’hui amorce un plus gros changement au sein du PS, vers un retour à l’autonomie si toutefois elle est possible. Le parti étant lui-même divisé entre la branche d’Olivier Faure, majoritaire et pro-Nupes, et celles de ses opposants avec Nicolas Mayer-Rossignol d’un côté et Hélène Geoffroy de l’autre.
Jules CORNELOUP le 27/10/23

