L’attentat d’Arras, du 13 octobre 2023, a une nouvelle fois questionné la sécurité dans l’enceinte des établissements scolaires. Le gouvernement français a demandé à chaque établissement de mettre en place un certain nombre de mesures anti-terroristes. Directement impactés par ces directives, les personnels ont consacré la majeure partie de la semaine qui a suivi à assurer la sécurité des élèves.
Elisabeth Borne, la première ministre française a placé la France en état d’”Urgence Attentat”, vendredi 13 octobre 2023, suite à l’assassinat à caractère terroriste du professeur Dominique Bernard à Arras. Des mesures vigipirates ont été instaurées dans tous les établissements scolaires français. Au lycée Alain d’Alençon, l’ensemble des personnels a été réquisitionné, et a travaillé ensemble lors de cette mission d’intérêt général.
“Pour vous donner une idée, le lundi 16 octobre, la cheffe d’établissement a demandé à tous les personnels d’être présents dès 7h15 le matin”, nous confie Virginie Creff, Conseillère Principale d’Éducation (CPE) au lycée Alain d’Alençon. Elle estime à 48h le temps consacré à la préparation, à la mise en place et au déroulement des mesures instaurées, sur la semaine. L’enjeu majeur étant la sécurité, un filtrage a été mis en place à l’entrée de l’établissement. Assistants d’éducation, agents administratifs, CPE, agents d’accueil, tous les personnels ont “quitté leur poste habituel” pour mener à bien ce travail collaboratif. Le filtrage s’est organisé en deux temps. En premier lieu, une fouille approfondie des sacs (et des valises pour les internes) a été réalisée afin qu’aucun objet dangereux ne puisse être introduit au sein de l’établissement. Dans un second temps, les élèves ont dû présenter leur carte de cantine, afin d’attester de leur identité. Cette mesure a permis de connaître tous les entrants dans l’établissement.
Le risque zéro n’existe pas
“Il pourrait m’arriver quelque chose, mais pas nécessairement plus que d’habitude”, explique Virginie Creff. Lorsque la CPE surveille l’internat, le soir, elle est le dernier encadrant présent dans l’enceinte de l’établissement. Si la sonnette retentit après 21h, c’est elle qui va ouvrir. “Je demande à la personne qui souhaite entrer de décliner son identité, mais je ne suis jamais sûre à 100% que c’est bien un élève”. Elle explique qu’en cas de problème, aucun collègue ne pourrait directement lui porter secours. Avant cette nouvelle actualité terroriste, le lycée Alain d’Alençon avait déjà mis en place certaines mesures, afin de réduire les risques. Aucun véhicule ne peut stationner devant l’établissement, permettant de renforcer la sécurité. Depuis l’instruction interministérielle du 13 avril 2017, les établissements scolaires ont l’obligation de réaliser deux exercices “PPMS” par an, simulant une intrusion à caractère terroriste. Une fréquence que Virginie Creff juge “trop faible dans le contexte actuel”.
Ne pas générer la peur
“Notre intérêt commun c’est les élèves. On ne veut pas les faire évoluer dans un climat de peur et d’inquiétude”, explique Virginie Creff. La plupart des élèves connaissent l’actualité et ont conscience des enjeux en termes de sécurité. Il est ainsi plus facile de justifier la mise en place des mesures vigipirates. Celles-ci sont instinctivement adoptées par les élèves, comme par exemple “la fouille à l’entrée de l’établissement – qui – rassure”. Ainsi, l’actualité anxiogène s’est mélangée à beaucoup de “reconnaissance, compassion, et surtout de bienveillance”. Selon Mme Creff, les élèves tendent à penser qu’une action terroriste pourrait se produire partout, et non pas uniquement dans l’établissement qu’ils fréquentent.
Manon COUPE