En fin d’année 2018, le gouvernement norvégien a confirmé le début des travaux du plus grand chantier de l’histoire du pays en termes de taille, d’engagement et d’investissement économique permettant à terme de moderniser et raccourcir les routes entre les différents fjords.
Le littoral norvégien est composé de nombreuses vallées glaciaires appelées fjords. Naeroyfjord, le plus étroit de tous, est réputé pour abriter l’un des plus beaux paysages d’Europe. Ces paysages d’une finesse étincelante pour les pupilles en font des lieux prisés des photographes.
La route côtière (E39) qui permet de traverser la Norvège, longue de 1100 kilomètres, requiert l’utilisation de sept ferries pour l’embarquement des voitures et des passagers. A l’heure actuelle, le trajet se réalise en vingt et une heures.
Projet novateur
Aujourd’hui, le gouvernement norvégien, s’emploie à améliorer l’accès aux services et aux marchés du logement et du travail dans les régions occidentales du pays en lançant la plus grande infrastructure de l’histoire de la nation. Afin d’éliminer le besoin de service de ferry pour les différentes traversées entre les îles, les ingénieurs ont imaginé la construction d’une série de ponts et de tunnels à travers et sous le paysage évitant la dénaturation de l’étendue naturelle. Pour atteindre cet objectif, une nouvelle autoroute côtière, coûtant près de 47 milliards d’euros, reliera sept villes allant de Kristiansand, au sud de la Norvège, à la pointe nord de Trondheim permettant de diviser par deux le transport routier, environ onze heures au total.
Regfast est la première d’une série de traversées qui raccorderont la E39 dès 2026, reliant Stravenger et Haugesund par un tunnel sous-marin de vingt-sept kilomètres. Cette structure atteindra des profondeurs allant jusqu’à 390 mètres sous le niveau de la mer, ce qui en fera le tunnel routier sous-marin le plus profond du monde. Le projet Rogfast consistera en deux tunnels reliés tous les 250 mètres par des issues de secours. Chaque tunnel disposera d’un point d’arrêt tous les 500 mètres, ainsi que d’un téléphone et de caméras de surveillance le long du parcours.
Tentatives d’innovation reliant les différents fjords
Pour la traversée de l’un des fjords, Bjornafjord, une proposition a été faite pour un pont flottant, ancré à la rive aux deux extrémités. Deux solutions possibles ont été proposées pour la traversée de Sulafjord. La première concerne un pont suspendu à trois piliers dont deux des piliers sont ancrés à terre et le troisième pilier central ancré au fond marin, à environ 400 mètres. Une autre proposition de tunnel flottant immergé consisterait à accorder deux tubes reliés les uns aux autres dans la mer à l’aide de câbles à haute résistance. La plus complexe et la plus ambitieuse de toutes les traversées côtières est celle de Sognefjord. La solution est un pont suspendu traditionnel. Avec une traversée de 3 700 mètres, une telle structure aurait une étendue équivalente à deux fois la longueur du pont le plus long du monde actuel et nécessiterait des tours d’appui d’au moins 450 mètres de haut. Un projet pharaonique qui pourrait chambouler, à la dérobée, l’économie du Pays du Soleil de Minuit.
Jessy Lemesle