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#RigoleTonSPM

Hier je me balade sur Twitter, à scroller dans mon fil d’actualité comme il m’arrive parfois (NDA : comprendre souvent). Au hasard d’un retweet, je clique sur un hashtag que je ne comprends pas : #RigoleTonSPM. Curiosité oblige, je déroule l’intégralité des nombreux threads le mentionnant pour essayer de comprendre de quoi il s’agit.

Tout semble partir de ce tweet :

Ce à quoi les twittos répondent allègrement :

Je m’amuse à lire ces histoires mignonnes et sincères et commence à comprendre : le syndrome pré-menstruel (SPM), c’est donc l’état bizarre de sur-émotivité qu’on peut ressentir avant ses règles ? C’est ça qui fait pleurer ma mère devant une pub pour des bananes dont une partie des bénéfices revient à Action contre La Faim ? Où qui me fait verser une larme quand je regarde le dernier show de Bilal Hassani à l’Eurovision ?

Intriguée, je copie colle l’expression dans ma barre d’info (NDA : et hop, un arbre en plus sur Ecosia), et ouvre la page Wikipédia du syndrome prémenstruel.

Troubles du comportement

J’espère pour vous qu’aucun-e ne s’est pris-e dans la face une remarque type « t’as tes règles » pour expliquer son comportement, quel qu’il soit.

Je savais qu’avant les menstruations, le mal de dos, de ventre, de tête, de seins ou autre disgrâce faisait parti du quotidien de certaines femmes. Mais j’ignorais que le SPM incluait aussi des variations sensibles du comportement. Ou, du moins que c‘était reconnu comme un symptôme en tant que tel !

Je continue ma lecture et apprends que « les troubles du comportement ou de l’humeur » peuvent inclure « nervosité, anxiété, agressivité, émotivité » voire « dépression ». Mais le plus fou, c’est que ce syndrome toucherait 80 à 90% des femmes menstruées. Là c’est sur, c’est un bon argument pour tout misogyne et machiste (NDA : des connards on peut le dire) qui veulent réduire leurs collègues, cheffes, patientes, interlocutrices, opposantes, femmes, voisines etc. etc. à une boule d’hormone incontrôlée.

(NDA : coucou @PascalPraud 👋)

Merci de nuancer

Mais attention ! Plus bas je lis : « Il n’existe pas de définition consensuelle du syndrome prémenstruel, car il présente notamment une très grande diversité de symptômes physiques ou psychologiques dont la caractérisation est parfois subjective ».

De la nuance, il en faut. C’est sûr que quand ça touche au psychique, c’est dur de donner une et même définition de la condition.

Dans les sources de l’article, (NDA : God save Wikipedia 🙏) je tombe sur une recherche de Paula K. Braverman : « Premenstrual Syndrome and Premenstrual Dysphoric Disorder », Journal of Pediatric & Adolescent Gynecology, vol. 20, no 3,‎ 2007 qui explique que « le PMS n’est pas une simple condition mais un ensemble de symptômes interconnectés et complexes avec des multiples expressions génotypiques, phénotypiques ou autre, et diverses autres manifestations pathophysiologiques qui commencent avec l’ovulation».

De quoi s’armer face aux stigmatisations qu’on pourrait subir pour expliquer que, oui on peut souffrir du syndrome prémenstruel, mais non ça n’est pas systématique comme la grippe = fièvre ou la gastro = toilettes (NDA : oups !). SPM peut être égal à des douleurs, ou un changement de comportement, comme des pleurs pour une croquette, du beurre salé ou une panne d’électricité mais SPM peut aussi être égal à un mal de dos et… c’est tout !

Pas toutes les mêmes

Dans une étude réalisée en France en 2004 et 2005 sur un échantillon de 3 027 femmes en âge de procréer, et qui n’ont pas eu de grossesse ou allaité durant cette période, 40,5% des femmes rapportent que ces symptômes n’affectent pas leur vie quotidienne et 47,3 % ne rapportent en fait aucun symptôme du tout. Les 12,2% restant, elles, en sont impactées dans leur vie quotidienne à différents degrés.

Le constat ? Une majorité de femmes ne souffrent pas de SPM. Parmi celles qui en souffrent, la majorité n’en sont pas impactées dans leur vie quotidienne.

Pour les femmes qui souffrent de SPM au point d’en ressentir l’effet dans leur vie quotidienne, de plus en plus de recherches sont réalisées pour identifier les facteurs à risque, les variations individuelles des souffrances et la précaution à prendre quant à la prescription d’éventuels traitements comme le conclut l’étude citée plus haut :

« Les cliniciens devraient faire attention à la haute variabilité du syndrome entre les individus quand ils conseillent aux patients des traitements sur le long terme. ».

#RigoleTonSPM

Pour en revenir au hashtag, ces tweets de femmes et filles qui rigolent de leurs moments incontrôlés de larmes, de rage, de rire et parfois les trois simultanément à cause de leur SMP sont témoignent de leur humour.

Bien que, malheureusement, dans encore de trop nombreux pays, la femme est systématiquement renvoyée à son corps, à son phénotype pour expliquer son comportement, #RigoleTonSPM délivre un autre message.

Exposer ce syndrome sur Twitter, qui dans ces instants-là, trouve vraiment son utilité comme plateforme, démontre qu’on peut rire de la maladie qui touche les personnes menstruées. Non pas “rire de” mais “rire ensemble”. Et cet humour prend le contrepied de ceux qui voudraient se servir de ce syndrome pour humilier ou parodier les femmes.

 

Envie d’en lire plus sur Alt ? Pour rester dans le thème, lisez notre article sur la précarité menstruelle !

Envie de découvrir autre chose ? Écoutez ici notre dernier podcast sur les ATSEM.

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À Propos

"Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes". Les Shadock Née dans une famille melting-pot, j'adore voyager (désolée l'originalité) et aller à la rencontre d'autres cultures. Engagée pour faire respecter les droits environnementaux, l'homme pollue mais faut arrêter les conneries ! (Ou sinon pouf, plus de vie sur Terre, toussa toussa).

celeste.schor@altmagazine.fr

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