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Le Carré Rouge : une indifférence qui se généralise

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Le Carré Rouge : une indifférence qui se généralise

Depuis maintenant quelques mois le Carré Rouge a pris quartier dans les locaux de l’université Paris 8 à Saint-Denis. Ce groupe lutte essentiellement contre la hausse des frais de scolarité pour les étudiants étrangers. Mais si le mouvement est suivi par beaucoup de personnes, un sentiment d’indifférence règne dans les couloirs de la fac.

Paris 8, la fac militante par excellence. Les blocus et les mouvements de l’an passé ont laissé des traces indélébiles sur les murs de cette université si particulière. Cette année encore, des mouvements s’organisent, notamment dans la lutte contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers. Ainsi le Carré Rouge est devenu le lieu de manifestations régulières mais aussi d’organisations, de débats et autres discussions.

Il est vrai que les militants ont une forte présence au sein de l’université de Saint-Denis mais ils ne sont pas seuls et nombre d’étudiants se moquent des mouvements sociaux et sont même parfois contre. Parmi eux, il y a Tom. Il étudie les sciences de l’information et de la communication depuis un an maintenant et trouve que le Carré Rouge n’est pas vraiment utile à la communauté. “Cela ne sert pas à grand chose, ils n’ont pas d’impact, ils ne permettent pas réellement une prise de conscience, mais comme ils ne gênent personne je m’en fous” explique-t-il avant d’enchaîner “ça ne me fait rien”. Il n’a pas connu les impressionnants blocus de l’an passé, et la galère pour certains de ses camarades pour rejoindre les cours. Lui ne veut pas les vivre, car il ne pense pas que ce soit la meilleure solution pour revendiquer quelques chose “cela serait embêtant pour d’autres étudiants et je n’aime pas l’idée d’interdire quelque chose”.

Un intérêt décroissant pour le militantisme ?

S’il avoue timidement qu’il ne s’intéresse pas vraiment à ce qu’il se passe et que le fait d’avoir des migrants dans la fac ne lui change pas son quotidien, il pense qu’il serait mieux pour l’image du mouvement d’organiser des discussions dites citoyennes plutôt que de faire des actions choc qui ne marquent les esprits qu’à court terme. “Moi je suis prêt à prendre part au débat, il y a des gens intéressants, et des points de vue qui se défendent des deux côtés”  avance t-il avant de se rétracter “remarque j’aurais la flemme, je pense qu’après les cours j’aurais envie de rentrer chez moi”. La contestation est de moins en moins prisée, surtout chez les étudiants, qui rentrent à la fac et ne connaissent pas encore le monde universitaire.

Si la hausse des frais de scolarité inquiète Tom dans la mesure où cela pourrait toucher son portefeuille, il comprend aussi le gouvernement qui doit payer des universités avec de plus en plus de personnes et qui coûtent cher. “C’est dur à dire mais il faut bien taper sur quelqu’un” glisse t-il un peu gêné. Il a tout de même une idée pour contenter tout le monde. Il part du postulat selon lequel les universités sont payées par les impôts, et donc qu’il faut travailler en France pour rembourser ses études. Il imagine donc une sorte de mission d’intérêt pour toutes les personnes qui ont étudié en France, suivant la durée de leurs études, pour financer les universités. “Bon j’imagine que cela sera compliqué à mettre en place mais cela peut être une idée”

C’est tout un symbole, car ces nouveaux étudiants ont des idées qu’ils n’arrivent pas à exprimer. Trop jeunes ? Non. Peu impliqués par les autres étudiants ? Il y a trop de différences pour le savoir vraiment.

Les militants essaient de rappeler aux nouveaux élèves ce qu’il s’est passé et pourquoi il faut se battre (Crédit photo : Maxime T’sjoen)

Comment rassembler ?

Le nombre de personnes militantes ne peut pas réellement se compter tant les formes de contestations sont différentes et peuvent s’interpréter de plusieurs manières mais il semble que le cas de Tom ne soit pas isolé. Le Carré Rouge a fait parler  de lui grâce à des actions coup de poing. Quand on se rend sur place, la foule n’est pas souvent présente sur les palettes qui servent de bancs. Pourquoi ce manque de militantisme ? Certains considèrent que les réseaux sociaux jouent un rôle d’affaiblissement de la contestation dans la mesure où l’information circule très vite et qu’il est difficile de prendre du recul dessus. Tom n’est pas de cet avis, il pense que c’est à cause des étudiants engagés qui “n’arrivent pas à impliquer des personnes souvent plus jeunes, dans une lutte qui les dépasse”. Ces jeunes ne captent plus les autres étudiants et au fur et à mesure que la contestation s’atténue, le militantisme faiblit. Une sorte de cercle vicieux difficile à briser, que seule une nouvelle vague pourra casser.

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À Propos

Souvent optimiste. Admiratif des multiples cultures qui existent sur ce monde. Préfère néanmoins observer les pratiques sportives selon les sociétés. « C’est le vrai monde dehors et le vrai monde il va chez le coiffeur. » OSS 117

maxime.tsjoen@altmagazine.fr

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