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Précarité menstruelle : quand les règles coûtent trop cher

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Précarité menstruelle : quand les règles coûtent trop cher

L’accès aux protections hygiéniques reste difficile en France où l’association Règles Élémentaires se bat toujours pour lutter contre la précarité menstruelle, deux ans après la “taxe tampon”.

Un tabou, des victimes

Vous les entendez, tous ces chuchotements ? Vous la sentez, cette gêne bien installée ? Nous sommes en 2019 : en France, un pays riche et développé. Un pays où le tabou des règles et tous les problèmes dont elles sont synonymes persistent. Parmi moultes sujets trop peu abordés : la précarité menstruelle ou le fait pour les personnes réglées de ne pas pouvoir se payer des protections en période de règles par souci économique. Aucune enquête nationale récente mesurant son étendue n’a été publiée dans le pays de l’égalité et de la fraternité, où 97% des femmes entre 12 et 19 ans disent pourtant leur colère face aux prix des protections. Le plus souvent, il s’agit de jeunes étudiantes ou de femmes en situation de grande précarité vivant dans la rue ou dans des foyers. À ces dernières s’ajoutent d’autres personnes menstruées, comme les les individus non-binaires et les hommes trans. Oui, cela représente beaucoup de monde.

Des coûts trop élevés

En 2015, le collectif Georgette Sand prend position autour de l’aspect économique des protections périodiques et demande au gouvernement la baisse de la “taxe tampon” à défaut d’une prise en charge des produits par la sécurité sociale. À l’origine, il y a donc 4 ans, le parlement refusait d’identifier ces produits comme de première nécessité. La mobilisation féministe aura finalement raison du gouvernement en novembre lorsque le sénat vote la baisse de la TVA de 20% à 5.5%. Mais la mariée était trop belle, comme nous l’explique Marine Creuzet, membre du collectif Règles Élémentaires :

« Cela n’a pas impliqué de décroissance visible sur le prix, car les marques et les distributeurs ont comblé la baisse dans leurs marges”.

En France, selon la bénévole, on dépense 7 000 euros échelle basse dans une vie pour se procurer les protections nécessaires en période de règles. Si on ajoute aux strictes dépensent de celles-ci les autres frais liés aux règles, comme le coût des sous-vêtements et des draps tâché à renouveler ou celui des rendez-vous chez le médecin ou des médicaments, le chiffre s’élève à 20 000 euros. Dans son article paru en septembre 2015, le Huffington Post de Grande-Bretagne lui donne raison en affirmant que les anglaises dépensent en moyenne 18 000 livres, ce qui représente la somme de 23 500 euros.

Règles Élémentaires : l’association de la dignité

Si le fléau de la précarité menstruelle peine à trouver sa place dans le discours des autorités, certaines associations françaises se battent pour qu’il trouve sa place dans le débat public. Parmi d’autres initiatives citoyennes et solidaires, l’association parisienne Règles Élémentaires a vu le jour en 2015. Ses bénévoles ont pour action principale la collecte de protections périodiques qu’ils distribuent aux femmes en situation de grande précarité via d’autres associations en France, en Belgique en Suisse et même au Canada. 300 000 produits ont ainsi été mis à leur disposition par le collectif couleur sang. Dans certaines mairies (18e, 19e, 14e…), entreprises ou écoles partenaires, le produit phare de l’association a déjà trouvé sa place. Des “boîtes à dons” à l’intérieur desquelles tout un chacun est invité à participer à la collecte via des dépôts directs de protections ou des dons financiers. Une seconde option de collecte existe, individuelle cette fois. Après inscription et en remplissant un simple formulaire en ligne, toute personne le désirant peut se convertir en membre de l’association le temps d’une journée, d’une semaine, d’un mois… Si certaines personnes ont déjà sauté le pas devant des commerces, lycées, et autres lieux de passage stratégiques, d’autres innovent : dernière nouveauté en date, une collecte au beau milieu d’un mariage. La notoriété grandissante de l’association a permis à quelques bénévoles d’être reçus au Sénat, dans le cadre de la préparation du projet de Loi Finance sur la Sécurité Sociale. De quoi motiver les troupes à poursuivre les actions Règles Élémentaires, même si à l’heure actuelle, aucune subvention publique ne lui est octroyée.

 

Aujourd’hui en France, seule la mutuelle étudiante LMDE rembourse de manière forfaitaire les protections périodiques de ses adhérents étudiants. Pourtant, ce sont toutes les personnes touchées par la précarité menstruelle qui devraient pouvoir se sentir au propre dans leur culotte en période de règles. Alt se mobilise et vous permet d’en faire autant en signant et en partageant ces pétitions pour briser ensemble le tabou de la précarité menstruelle :

Pour un accès libre et gratuit à des protections périodiques bio dans tous les collèges et lycées de France à partir de septembre prochain

Pour des protections hygiéniques 100% prises en charge par la Sécurité sociale

 

Il existe mille manières de lutter contre la précarité menstruelle. Dans cet article, Alt vous fait découvrir le projet solidaire et festif des collectifs Apéro Electronique et Dis’care : proposer des soirées électro où chacun peu donner des produits de première nécessité ensuite reversés à des associations !

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À Propos

Citoyenne du Globe insatiablement observatrice. Curieuse des gens, de leurs idées florissantes et des cultures. “Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts” – Isaac Newton

romane.brisard@altmagazine.fr

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