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Climat : la révolte étudiante envahit Paris

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Climat : la révolte étudiante envahit Paris

Aujourd’hui 15 mars, ils espèrent créer le plus grand rassemblement de l’histoire pour la justice climatique. Dans les rues de la capitale française, lycéens et étudiants défileront un vendredi de plus pour défendre leur “printemps climatique et social”. Revenons ensemble sur les racines d’un tel mouvement, aujourd’hui internationalement suivi.

Alors que vingt-quatre COP n’ont pas permis de baisser significativement les émissions de gaz à effet de serre, les jeunes franciliens ont arpenté la capitale pour s’emparer du dossier climatique dès le vendredi 15 février. Face à l’urgence, ils étaient un peu plus de 500 à se mobiliser devant le Ministère de la Transition écologique et solidaire. Une semaine plus tard c’est le double d’étudiants qui plaide une nouvelle fois, depuis la place de l’Opéra jusqu’à celle de la République, contre le réchauffement climatique. À l’affût des perches et des caméras des journalistes, un millier d’adolescents ont protesté pour une réduction immédiate des gaz à effets de serre (GES), une décroissance énergétique réfléchie ainsi que la modification instantanée des modes de production des grandes entreprises. Les messages d’une frange militante de cette génération sont inscrits sur des pancartes bricolées : « Quand je serai grand, je voudrais être vivant », peut-on lire sur l’une d’elle. Bien que soucieux, chacun y va de son slogan pour laisser jaillir l’espoir. Le plus réitéré, « On est plus chauds, plus chauds que le climat », illustre bien la détermination de ces jeunes défenseurs de l’environnement.

Parmi eux, un élève parisien de seconde, la figure peinte en vert. Corentin a 17 ans ; ce matin, il a quitté ses parents en leur annonçant qu’il sécherait les cours pour vivre de l’intérieur ce qu’il appelle « le printemps climatique et social ». Dans le cadre de ses études, il a choisi de réaliser son projet tuteuré autour de la problématique bien actuelle du recyclage de la composante plastique. Une autre manière pour ce jeune homme de manifester son engagement au sein même de son lycée, où « cette problématique manque de place ». Lorsque le rassemblement prend fin, Corentin s’éternise sur la place de la République et discute avec un aîné : « la vérité sort toujours de la bouche des enfants. Il est temps que les politiques nous croient et agissent ».

 

Quand la jeunesse dénonce la classe politique

Ils sont nombreux à manifester leur colère à l’égard de la politique climatique du Président de la République, érigé en leader de la communauté internationale depuis le retrait des États-Unis de l’accord de Paris. Les critiques fusent au sein du cortège : « Macron fait de la diplomatie climatique, mais sa République fait marche arrière sur les engagements qu’elle avait pourtant promis de tenir », s’insurge Chloé, étudiante de terminale.

Du haut de ses 17 ans, cette lyonnaise distribue des tracts manuscrits sur lesquels elle recense chacun des reculs politiques opérés en France au sujet de la limitation du réchauffement à 1.5°. Dès la première ligne, elle rappelle que l’objectif de division par quatre des GES pour 2050 (par rapport à 1990) a été remplacé par celui de la neutralité carbone pour la même année. Ainsi, l’objectif dit « intermédiaire » pour 2030 passe lui de 20% à 17% de réduction par rapport à 2012. L’objectif de baisse prévue de la consommation des énergies fossiles de 30 % en 2030 sera quant à lui de 40 % ; de quoi exaspérer Chloé et ses camarades. Pour ne rien arranger, la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 %, initialement prévue pour 2025, est elle, repoussée à 2035.

 

Une révolte aux multiples nationalités

Au premier rang de cette manifestation étudiante du vendredi 22 février : la militante suédoise de 16 ans, Greta Thunberg. Devenue porte-voix de toute une génération à travers le discours qu’elle délivre lors de la COP 24 à Katowice (Pologne) le 14 décembre dernier, elle est également connue pour avoir initié la grève scolaire des vendredis. Après avoir manifesté solitairement à ce titre devant le Parlement de Stockholm trois semaines avant les élections de septembre 2018, et au forum de Davos cet hiver, la jeune suédoise est désormais bien entourée.

C’est en Belgique que les étudiants sont les plus réactifs aux actions de Greta Thunberg. Plusieurs mouvements organisés voient le jour pour peser sur les élections fédérales de mai, comme c’est le cas pour « Génération Climat ou « Youth for Climate ».

En Australie, trois jeunes femmes âgées de 14 ans font également parler d’elles. Harriet O’Shea Carre, Milou Albrecht et Jean Hinchliffe se sont opposées à l’ouverture d’une nouvelle mine de charbon. Régulièrement, elles organisent des manifestations et revendiquent la conversion imminente de leur pays aux énergies renouvelables.

En Allemagne, en Hollande, en Grande-Bretagne et maintenant en France… La révolte d’une jeunesse concernée par l’avenir de sa planète gagne chaque jour un peu plus de terrain.

Par ailleurs, plusieurs tentatives de poursuite en justice des États sont intentées dans le monde depuis quelques années. En 2015, vingt-et-un jeunes avaient attaqué le Gouvernement américain pour “inaction climatique” et “soutien aux industries fossiles”. La Cour suprême du pays, dominée par les conservateurs, a aujourd’hui gelé le dossier. Trois ans plus tard, la pétition #LAffaireDuSiècle qui s’attaque à l’État français pour les mêmes motifs, a recueilli plus de deux millions de signatures. Les jeunes, eux, brûlent d’impatience de voir la température descendre.

 

 

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À Propos

Citoyenne du Globe insatiablement observatrice. Curieuse des gens, de leurs idées florissantes et des cultures. “Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts” – Isaac Newton

romane.brisard@altmagazine.fr

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