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Sang rancune : la cup, solution hygiénique menstruelle

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Sang rancune : la cup, solution hygiénique menstruelle

Alt Magazine a rencontré deux femmes pour parler cup (coupe hygiénique) et règles : Françoise Binet, première importatrice de cup en France, et Fanny Godebarge, initiatrice des mouvements Clean your cup et Sang rancune. À travers leurs témoignages, nous avons décelé les bénéfices de ce produit qui révolutionne la routine hygiénique des personnes menstruées.

Elle existe depuis les années 1930 mais attend toujours son heure de gloire. La cup n’est peut-être pas arrivée jusqu’à vos toilettes pour la simple raison qu’en France, le tabou hygiénique demeure. Nos chères marques de tampons et serviettes jetables, en ce début d’année 2019, se trouvent cependant en mauvaise posture. L’accumulation de scandales sanitaires et environnementaux devraient, la Planète l’espère, rendre enfin à la cup sa grandeur.

Adieu publicités Nana, Always, Vania… Cette semaine, nos interlocutrices sont deux femmes aux parcours distincts, ayant toutes pris le sujet des règles à bras le corps. Que ce soit à travers leur profession ou leur vie personnelle, chacune d’entre elles a laissé rentrer la cup dans sa sphère intime, pour leur plus grand confort. Elles nous racontent comment elles ont changé leurs habitudes hygiéniques et pour quels bénéfices.

Françoise Binet était encore jeune maman quand, dans les années 2000, elle exporte la cup en France pour la première fois. À l’époque, elle cherche une alternative aux couches jetables qu’elle utilise pour son enfant afin de diminuer ses déchets : un besoin personnel. En Europe, le marché est désert. C’est outre-mer qu’elle découvre l’existence de couches lavables et de coupes hygiéniques sur des sites américains.

« Moi, j’ai vu les culottes en coton de maman étendues sur le fil à linge ; elle les lavait une fois par mois ». Ce souvenir d’enfance participera à la construction du projet professionnel de Françoise. La serviette jetable lui permit d’être libérée du lavage, à l’inverse de sa mère. Pas question pour autant d’utiliser tampons et serviettes chimiques.

Révolutionner sa vie intime et celle des autres personnes menstruées devient sa bataille. Pour se faire, elle crée Acte Santé, l’entreprise dans laquelle elle vendra la cup. Avec ce produit, Françoise espère permettre aux françaises de vivre leurs règles de manière confortable. Son enfant dans les bras, elle parcourt les marchés bio français et promeut sa marchandise devant ces « gens qui tombaient des nues, qui n’y croyaient pas ».

Ce constat elle l’a fait il y a quelques années, et pourtant… Aujourd’hui, elle observe que les mentalités ont encore du mal à prendre le large. Comme on a pu l’observer avec le tampon, la cup provoque des appréhensions puisqu’elle nous confronte à notre ignorance anatomique, à la peur de l’intérieur, à la gêne de la vue du sang.

Françoise est désormais à la retraite. Elle a laissé son commerce mais la cup reste pour elle cette vieille amie qu’elle préconise à toutes celles qui veulent bien lui laisser une chance.

Fanny Godebarge fait également parti des adeptes du produit. En 2014, elle est au Canada et découvre la coupe menstruelle avec émerveillement. Arrivée bien plus tôt dans les pays anglo-saxons qu’en France, elle ignorait jusqu’alors son existence. Rapidement, la jeune femme adopte cette découverte: c’est sa « révolution intime et esthétique » qui prend vie. Écologique, économique, respectueux du corps des personnes menstruées, le produit répond positivement à toutes les préoccupations de cette militante féministe.

Vendeuse dans un magasin le commercialisant depuis 2016, elle assiste régulièrement à des scènes de répugnance. Certaines clientes, pas vraiment à l’aise avec l’idée d’un rapport plus franc à leur corps et à leurs protections, dénigrent la « chose ».  Sa première réponse aux réticences des autres, ce sera Clean Your Cup. Fanny crée cette plateforme participative dans le but de référencer les endroits publics des villes disposant de toilettes avec évier. Une initiative qui rend aujourd’hui service à de nombreuses femmes à la recherche d’un refuge où rincer leur coupe menstruelle à l’abri des regards.

Cette idée, au départ la jeune femme l’a eue seule en répertoriant quelques adresses confortables dans son téléphone, pour son agrément. Lorsqu’elle en parle autour d’elle, elle réalise que son initiative peut contrebalancer l’apathie qui règne dans l’espace public et le corps politique autour des problèmes d’accessibilité et d’accompagnement des personnes menstruées. Il ne lui en faut pas plus pour se lancer dans cette aventure qui réunit 1.000 personnes sur son site. Fanny fait imprimer des stickers ludiques, les distribue ou les colle dans les endroits qu’elle renomme « cup safe ». Sur Instagram, elle réalise des mises en scène pour débuter une communication autour de son mouvement.

Pour aller plus loin et donner du poids à ses ambitions, elle bâtit d’autre part le média français de référence sur le cycle menstruel, Cyclique, ainsi que le premier festival des règles à grand succès à Paris, Sang Rancune. En effet, même si pour Fanny et les autres ambassadrices bénévoles du mouvement tout a commencé par un site internet et une carte géolocalisée, aujourd’hui elles aspirent à se rencontrer davantage, à échanger de manière collaborative et collective. Quand on lui demande comment un projet personnel militant est-il devenu ce beau combat collectif, voici ce qu’elle répond : avec “beaucoup de détermination, de tirelires personnelles brisées, de dons collectifs et de bénévolat”, tout devient possible.

Et parce que votre magazine alternatif n’a jamais fini de vous informer, venez découvrir la battle Cup VS Tampons ! Une publication qui confronte ces deux types de protection hygiénique pour en déceler les points positifs et négatifs.

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À Propos

Citoyenne du Globe insatiablement observatrice. Curieuse des gens, de leurs idées florissantes et des cultures. “Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts” – Isaac Newton

romane.brisard@altmagazine.fr

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